2021-Thomise-épineux-1000©André-Miquet--CEN-Savoie

Les araignées en Savoie : mieux connues, moins mal aimées ?

Trésors cachés !

Les araignées : 1700 espèces en France, une diversité inégalée de formes, de mœurs, et d’habitats … donc un sujet d’étude passionnant et inépuisable. Alors pourquoi, par rapport aux libellules ou papillons, sont-elles restées si longtemps dans l’ombre ? Deux explications possibles : la difficulté et le fantasme.

La difficulté est objective : plus de 80 % des espèces mesurent moins de 3mm, avec une propension à occuper la litière végétale et les microfissures les moins accessibles, quand elles ne sont pas nocturnes ou trop rapides pour être capturées. Hormis quelques dizaines d’espèces « remarquables », les araignées ne se laissent pas facilement découvrir.

Le fantasme, lui, est par essence irrationnel : peur du venin, peur des toiles, amplifiées par une désinformation fort préjudiciable à chaque suspicion de morsure. Non, aucune araignée n’est dangereuse en Savoie ! Et rares sont celles qui cherchent à mordre. En général, cela peut arriver lors de manipulations trop brusques et sans forcément injecter de venin.

Les prospections, intensifiées depuis quelques années, ont révélé quelques 600 espèces d’araignées en Savoie, dont 6 nouvelles pour la France ! Et il reste certainement des surprises à avoir, notamment dans les milieux extrêmes : l’étage alpin (où des espèces connues en Suisse « manquent » encore à notre inventaire), ou les pelouses sèches (qui ont déjà révélé plusieurs espèces qu’on croyait « méditerranéennes » !). « L’arachnofaune » a encore bien des choses à nous dire, à travers ses « traits de vie » si originaux qui en font de bons indicateurs : super-prédatrices (en bout de chaîne alimentaire, donc aux premières loges face à l’écroulement des insectes dont elles sont de loin le premier prédateur) ; reliques glaciaires (parfois sur le point de disparaître) ; surdouées de la dispersion par le vent (grâce à une soie spécialement conçue) … Et puis il y a toutes ces espèces dites « anthropophiles » adeptes des lieux habités : ce n’est pas tant l’homme qu’elles recherchent, que le climat abrité et les proies que leurs procurent nos bâtiments. Voilà pourquoi la participation du public peut être un fort atout : les quelques yeux de spécialistes ne peuvent rivaliser avec les milliers d’yeux débutants … surtout dans leurs caves et greniers !

Alors aidez les araignées à sortir de l’ombre et partagez vos découvertes, une enquête participative est mise en oeuvre par le CEN Savoie pour en savoir c'est ici.

Ilustration : L'espèce est une "thomise épineux" à la poursuite de sa proie -1000©André-Miquet-CEN-Savoie-2021

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