Le sentier du Morel

Sur la commune d’Aigueblanche, à l’ombre des grands arbres se trouve le sentier du Morel longeant le cours d’eau du même nom. Venez parcourir ce sentier de découverte et admirer les successions de cascades dans la forêt domaniale.

Sentier du Morel

DECOUVRIR

Espaces naturels pas si naturels…

Le sentier du Morel, torrent qui a donné son nom à la station de Valmorel (vallée du Morel) est situé en forêt domaniale près du hameau de Bellecombe (commune d’Aigueblanche).  Il suit le cours d’eau au milieu des hêtres, érables et autres conifères pour vous mener à une grande cascade de près de 80 m. Ce sentier vous expliquera l’origine, pas si ordinaire, de ce site bucolique.  Les cascades en enfilades (plus de 50 sur un dénivelé d’environ 200m) comme la forêt, ont été aménagées par la main de l’Homme pour se protéger des fureurs du torrent. 

La forêt de montagne

Le bassin versant du Morel est plutôt orienté vers le nord, aussi, la forêt qu’on retrouve est une forêt mixte, avec feuillus et résineux. Les essences les plus représentées sont, pour les feuillus, le hêtre, une espèce montagnarde qui aime les secteurs frais et humides et l’aulne, qui lui aussi pousse près des cours d’eau, en secteurs plutôt humides.

2020-Hêtre-Morel-1000©Dpt73 

Les résineux sont quant à eux représentés en grande partie par des épicéas et un peu de mélèze, le seul résineux qui perd ses aiguilles en hiver.

20-Branche-épicéa1000©Dpt73 

Cette forêt de montagne accrochée aux pentes et qui descend jusqu’en bordure du sentier, joue un rôle très important de maintien du sol lors des forts épisodes de pluie.

20-Sentier-Morel-1000©Dpt73 

Des « ancêtres des plantes à fleurs » présentes sur le site

La présence de l’eau et des arbres apportent fraicheur et humidité sur ce site. Cette atmosphère est très appréciée par des plantes un peu particulières, les fougères. Ces espèces végétales ne font ni fleurs, ni graines, elles se reproduisent grâce à des spores ou « cellules semences » qui se retrouvent « collés » sous les feuilles. 

Les fougères sont issues des temps anciens et étaient présentes sur terre bien avant que l’évolution ait permis le développement des plantes à fleurs.

Asplenim ruta-muraria©Dpt73 

La nature reprend ses droits

Les espèces de fougères présentes sur le site aiment les rocailles, fissures ou les murs de pierres en sous-bois. Les crues du torrents au cours des siècles précédents et les aménagements réalisés ont ainsi permis de façonner un milieu favorable à ces espèces.

Si vous êtes attentifs le long du torrent, vous aurez peut-être la chance d'apercevoir le cincle plongeur, petit merle d’eau qui plonge chercher sa nourriture (larves d’insectes entre autres) au fond du ruisseau. Il est indicateur d’un milieu de bonne qualité.

Fougères le long du sentier du Morel: athyrium filix-femina
Fougères le long du sentier du Morel: dryopteris filix-mas
Fougères le long du sentier du Morel: polystichum aculeatum
Fougères le long du sentier du Morel: polystichum lonchitis
Fougères le long du sentier du Morel: aplenium trichomanes

COMPRENDRE

Des risques pour les habitants

Entre 1620 et 1908, le Morel a été à l’origine de plus de 40 crues et glissements de terrain ayant un impact fort sur les habitats en contrebas (inondation de hameaux, éboulements, …). La cause de ces phénomènes : une géologie favorable du versant de Doucy. Ce dernier est constitué par des schistes noirs, instables. Lors de fortes pluie, le Morel arrache au pied du versant roches et terre, pour constituer des laves torrentielles dévastatrices.

Ce phénomène est accentué par les versant dénudés au XIXème siècle pour les besoins du pâturage et la fourniture de bois pour les fourneaux des Salines de Moutiers. La végétation n’y joue donc plus son rôle de « bouclier » contre l’érosion…

Des ouvrages pour se protéger

Les villageois ont bien tenté de se protéger, mais en vain, les moyens employés n’étant pas suffisants. Aussi, à la fin du XIXème siècle, l’Administration forestière se mobilise pour engager les travaux énormes qui vont permettre de contenir les fureurs du Morel. 

Dès 1896, un premier barrage est construit pour stabiliser le glissement de terrain situé sous Doucy. Mais l’Administration des Eaux et forêts, à l’époque, craignait une déstabilisation de ce grand barrage par la poussée des terrains instables de la rive gauche. Aussi, afin de le protéger, à partir de 1902, un tunnel de dérivation équipé de seuils (sorte de grandes marches d’escalier pour limiter le pouvoir d’érosion de l’eau) est creusé dans la roche sur près de 1 km. Cet ouvrage est à l’origine de la cascade du Morel situé en point d’orgue du sentier de découverte.

Pour parfaire les aménagements de protection, un chenal avec des seuils est construit (57 seuils entre 440 et 600 m d’altitude) en 1907, du pied de la cascade jusqu’à l’Isère. Enfin, on a planté environ 90 ha de forêt, comme remède à long terme contre l’érosion des sols.

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Seuils creusés dans le torrent du Morel
Seuils le long du torrent du Morel
Seuils le long du torrent du Morel

Infos pratiques

Localisation
Localisation

Aigueblanche

Saisonnalité
Saisonnalité

De juin à septembre